Développeur freelance ou agence : comment se passe un projet de site ou d’application
Publié le 2026-10-24
•Par Anthony Marcelin

Le dirigeant d’une TPE ou le président d’une association qui n’a jamais commandé de site se pose deux questions. La première : faut-il passer par une agence web ou par un développeur indépendant ? La seconde, souvent plus concrète : à quoi s’engage-t-on, combien de rendez-vous, quel travail de son côté, et à quel moment peut-on encore dire non ?
Je m’appelle Anthony Marcelin, développeur indépendant dans le Médoc sous le nom Forge Digitale Solutions, titulaire du titre professionnel de Concepteur Développeur d’Applications. Ce billet traite les deux questions. D’abord ce qui change réellement entre un freelance et une agence, avec les repères publiés par France Num. Ensuite le déroulé d’un projet tel que je le mène, étape par étape, avec ce que j’attends de vous à chaque moment. D’autres prestataires travaillent autrement ; la grille vous servira quand même pour comparer.
Développeur freelance ou agence : ce qui change pour vous
France Num, le service de l’État pour la transformation numérique des TPE et PME, ne les oppose pas. Dans son dossier Combien payer pour un site web ou un site e-commerce ?, il écrit qu’« une agence web ou un freelance, vous conseillent et vous accompagnent dans votre projet », et précise qu’il n’est pas indispensable de faire appel à ce type de professionnel pour un site carte de visite ou une vitrine basique.
La différence tient surtout à l’organisation. À propos du référencement, France Num fait la même distinction dans son guide agence SEO ou consultant : l’agence convient aux projets qui demandent plusieurs compétences en même temps, l’indépendant aux projets qui demandent un suivi personnalisé et un échange direct, sans intermédiaire. Le sujet n’est pas le même, mais la logique se transpose bien au développement.
| Agence web | Développeur indépendant | |
|---|---|---|
| Interlocuteur | Souvent plusieurs : commercial, chef de projet, graphiste, développeur | Une seule personne, du premier appel à la mise en ligne |
| Compétences | Plusieurs métiers en parallèle | Celles d’une personne, à vérifier sur ses réalisations |
| Capacité | Plusieurs projets menés de front | Limitée : demandez la date de démarrage et la gestion des absences |
| Décisions | Passent par un relais | Se prennent directement avec celui qui code |
Ce tableau décrit des tendances, pas des règles. Une petite agence de deux personnes ressemble à un indépendant ; un indépendant peut s’entourer d’un graphiste. Posez la question plutôt que de supposer.
Les questions à poser, quel que soit le prestataire
France Num donne une liste de points qui vaut pour les deux, dans le dossier cité plus haut et dans son tutoriel Comment choisir le bon prestataire pour votre site internet ? :
- écrire ses besoins et les envoyer à plusieurs professionnels ;
- regarder leurs réalisations et contacter un ou deux de leurs clients du même secteur ;
- vérifier que le site et le nom de domaine seront à votre nom, jamais au nom du prestataire ;
- demander à quelles conditions les mises à jour seront assurées ;
- ne payer qu’un acompte à la signature, et le solde après la mise en ligne, une fois les fonctions vérifiées.
Le tutoriel ajoute un conseil qui mérite d’être pris au sérieux : préférer un outil standard à un code sur mesure pour rester autonome et pouvoir changer de prestataire. Demandez donc, à une agence comme à un indépendant, sur quelle technologie repose le site et comment un autre professionnel pourrait le reprendre.
Étape 1 : comprendre votre activité
Le premier échange porte sur votre activité, pas sur la technique. Ce que vous vendez ou proposez, à qui, ce qui manque aujourd’hui. Je pose des questions concrètes : d’où viennent vos demandes, ce que vos clients vous demandent au téléphone, qui tient le planning ou le fichier des adhérents.
Ce que vous apportez : une description de votre besoin, même incomplète. Si vous voulez la préparer à l’avance, le billet Avant de demander un devis pour un site ou une application : le brief d’une page propose huit questions à remplir sur une feuille.
À la fin de cette étape, je vous envoie un devis qui part de vos réponses. L’échange et le devis sont gratuits, et tant que vous n’avez pas accepté le devis, rien n’est engagé de votre côté.
Étape 2 : proposer une structure
Avant d’écrire une ligne de code, je propose une structure. Pour un site, c’est la liste des pages et ce que chacune doit permettre : appeler, demander un devis, voir des réalisations. Pour une application ou un outil métier, c’est la liste des écrans et des actions : saisir une intervention, consulter un planning, exporter une liste.
Vous relisez et vous corrigez. C’est le moment le moins coûteux pour changer d’avis : retirer une page, ajouter un formulaire, renoncer à une fonction qui ne servira qu’une fois par an. Pour un site vitrine, le billet Site vitrine pour un artisan : les pages utiles, et celles qu’on peut laisser aide à trier.
Ce que vous apportez : une relecture de la structure, et une réponse claire sur ce que vous gardez.
Étape 3 : rassembler les contenus
Les textes, les photos, le logo, la liste des prestations, les horaires. Les contenus fixent souvent le vrai délai d’un projet. Sans photos de vos produits ou de vos chantiers, et sans une description claire de votre offre, je ne peux pas livrer un site qui ressemble à votre activité. Je le dis dès le premier échange, pour que vous puissiez anticiper.
Vous n’avez pas besoin de textes parfaits. Une trame remplie avec vos mots suffit ; je la mets en forme pour le web. Prévoyez aussi les informations qui serviront aux mentions légales : Service Public Entreprendre détaille les mentions obligatoires sur le site internet d’une entreprise, par exemple, pour un entrepreneur individuel, le nom et le prénom avec la mention « EI », les coordonnées, le numéro d’immatriculation et l’identité de l’hébergeur. La même page rappelle que l’entreprise doit disposer des droits sur les photos et les textes qu’elle publie.
Ce que vous apportez : photos, textes de base, informations légales. Dès le début du projet, pas la veille de la mise en ligne.
Étape 4 : développer et faire valider
Je développe, puis je vous montre une version de travail. Vous la consultez sur votre propre téléphone, vous testez le formulaire, vous vérifiez les horaires et le numéro. Vous me renvoyez vos remarques, je corrige, et on recommence jusqu’à ce que la version vous convienne.
Pour une application ou un outil, la validation passe par l’usage réel : la personne qui saisira les données au quotidien teste les écrans. Un salarié ou un bénévole repère vite ce qu’une démonstration ne montre pas, comme un champ inutile ou un bouton mal placé.
Ce que vous apportez : du temps de relecture, et la personne qui utilisera l’outil. Si vous savez que vous serez indisponible plusieurs semaines, dites-le au départ.
Étape 5 : mettre en ligne
La mise en ligne demande quelques vérifications de votre côté : le nom de domaine, l’adresse mail, l’accès d’administration. Le nom de domaine doit être enregistré à votre nom. L’Afnic rappelle sur sa page gérer son nom de domaine que le titulaire doit garder ses coordonnées à jour et que le renouvellement passe par le bureau d’enregistrement. Si le domaine appartient à un proche ou à un ancien prestataire, on règle ce point avant la mise en ligne ; le billet Changer de prestataire web sans perdre son nom de domaine montre ce qui coince quand ce n’est pas fait.
S’il y a un espace d’administration, je vous remets vos accès et je vous montre comment modifier un texte, une photo ou des horaires. Si vous préférez ne pas y toucher, on en parle : rien n’est imposé.
Ce que vous apportez : les accès existants (domaine, hébergement, mail) et une validation finale.
Étape 6 : suivre après la mise en ligne
Un site ou une application continue de vivre : mises à jour de sécurité, renouvellement du domaine, sauvegardes, petites modifications. Vous pouvez gérer une partie vous-même. Pour le reste, l’hébergement, le nom de domaine et la maintenance se décident au devis, seulement si vous le voulez. Le détail figure sur la page maintenance de site web et hébergement.
Ce que change un interlocuteur unique
Avec un indépendant, la personne qui répond au téléphone est celle qui développe. Deux conséquences concrètes pour vous.
Les décisions vont vite. Une question sur un formulaire se règle par un message, sans attendre qu’elle remonte. La personne qui a compris votre activité au premier échange est aussi celle qui écrit le code, donc rien ne se perd entre deux relais.
La contrepartie existe : un indépendant a une capacité limitée et ne peut pas mener dix projets en parallèle. Demandez-lui dès le départ quand il peut commencer, comment il gère ses absences, et ce qui se passe s’il n’est plus disponible : les accès et le code doivent pouvoir être repris par quelqu’un d’autre.
Deux exemples
Une réalisation : le Rugby Handi Sud Bassin
Le site du Rugby Handi Sud Bassin, à La Teste-de-Buch, illustre ce que permettent les étapes 5 et 6 : les bénévoles du club mettent à jour le contenu eux-mêmes depuis un back-office Statamic. Les autres réalisations, dont la vitrine de la Charcuterie Campagnarde et celle d’Horizon Vertical Studio, sont présentées sur la page d’accueil.
Un cas fictif : l’outil de planning d’une association
L’exemple suivant est inventé pour l’article. Il ne décrit pas un client réel.
Une association sportive du Médoc gère le planning de ses bénévoles dans un tableur partagé. Deux personnes le modifient en même temps, des créneaux disparaissent, et le président passe ses dimanches soir à relancer par message.
- Étape 1 : le président décrit le problème en une page : trente bénévoles, des créneaux le week-end, un besoin de voir qui est inscrit où.
- Étape 2 : je propose trois écrans : la liste des créneaux, l’inscription d’un bénévole, une vue pour le bureau. Le président retire l’envoi de SMS automatiques, qu’il juge inutile pour la première saison.
- Étape 3 : le bureau fournit la liste des créneaux types et les règles (pas plus de deux créneaux par week-end).
- Étape 4 : deux bénévoles testent sur leur téléphone pendant une semaine. Leur retour principal : le bouton d’annulation est trop discret.
- Étape 5 : l’outil est publié sur un sous-domaine du site de l’association, avec un compte d’administration pour le secrétaire.
- Étape 6 : à la fin de la saison, le bureau décide s’il ajoute les rappels par mail.
À chaque étape, le président savait ce qu’on attendait de lui et pouvait modifier le périmètre avant le développement.
Questions fréquentes
Faut-il choisir un développeur freelance ou une agence web ?
Cela dépend du projet. France Num rappelle que l’un comme l’autre conseille et accompagne, et qu’une vitrine basique ne demande pas forcément de professionnel. Un projet qui mobilise plusieurs métiers en même temps penche vers une agence ; un projet qui demande un échange direct et un suivi personnalisé, vers un indépendant. Comparez surtout les réalisations, les références et ce que dit le devis.
Combien de temps dure un projet de site vitrine ?
Il n’existe pas de durée type sourcée, et je ne vous en donnerai pas une au hasard. Le délai dépend surtout de la disponibilité des contenus (textes, photos, informations légales) et du temps de relecture de votre côté. Demandez au prestataire un calendrier par étape, avec ce qu’il attend de vous à chaque date.
À qui appartiennent le site et le nom de domaine ?
Ils doivent être à vous. France Num recommande de vérifier que le domaine est enregistré à votre nom ou à celui de votre entreprise, jamais au nom du prestataire, et que vous serez propriétaire du site. Faites-le préciser dans le devis ou les conditions de vente.
Que se passe-t-il si mon développeur indépendant n’est plus disponible ?
C’est la vraie question à poser avant de signer. Vous devez détenir les accès au domaine, à l’hébergement et à l’administration, et le site doit reposer sur une technologie qu’un autre professionnel peut reprendre. France Num conseille d’ailleurs de pouvoir changer de prestataire facilement.
Faut-il se déplacer pour travailler avec Forge Digitale Solutions ?
Non. Pour un projet web, on travaille en visio ou au téléphone, et un rendez-vous en personne, si besoin, se place dans un lieu public, comme l’explique le billet Pas de boutique : comment on travaille vraiment. J’interviens dans le Médoc, sur le Bassin d’Arcachon et à Bordeaux.
Pour aller plus loin
Le cadre d’un site vitrine pour une TPE locale est décrit sur la page création de site internet dans le Médoc. Pour une application ou un outil métier, la page création de site web et d’application détaille la prestation.
Parler de votre projet
Si vous avez un projet de site ou d’application, la page développeur indépendant dans le Médoc présente mon travail et la manière de me joindre. Je réponds du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 18 h. Décrivez-moi ce que vous imaginez, même en quelques lignes : on part de là pour l’étape 1.
Sources
Pages consultées le 18 octobre 2026 :
- France Num, Combien payer pour un site web ou un site e-commerce ? : agence web ou freelance, points à vérifier avant de confier un site, acompte et solde, propriété du site et du domaine.
- France Num, Comment choisir le bon prestataire pour votre site internet ? : références, mises à jour, outil standard, domaine au nom du client.
- France Num, Trouvez le consultant ou l’agence en référencement naturel (SEO) idéal pour votre projet : agence ou consultant indépendant.
- Service Public Entreprendre, Mentions obligatoires sur le site internet d’une entreprise, vérifié le 13 octobre 2026.
- Afnic, Gérer son nom de domaine.
- Forge Digitale Solutions : développeur dans le Médoc, création de site web, site internet pour artisan, maintenance de site web.
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