Avant de demander un devis pour un site ou une application : le brief d’une page
Publié le 2026-10-09
•Par Anthony Marcelin

Un artisan, un commerçant ou une association qui veut un site ou un petit outil arrive souvent au premier rendez-vous avec une idée en tête et rien d’écrit. Le prestataire pose alors les questions de base pendant l’appel, et le devis part d’un souvenir de conversation.
Avec une page écrite à l’avance, l’appel porte sur le projet et le devis s’appuie sur vos réponses. Vous n’avez pas besoin d’un cahier des charges de quinze pages : huit réponses courtes suffisent pour qu’un développeur comprenne votre besoin et vous propose quelque chose de cohérent.
Je m’appelle Anthony Marcelin, développeur indépendant à Saint-Laurent-Médoc. Voici la page que je conseille de préparer, que vous me consultiez ou non.
Pourquoi une page, et pas un cahier des charges complet
Un cahier des charges détaillé a sa place dans un gros projet, avec plusieurs intervenants et un appel d’offres. Pour une TPE ou une association, il pose deux problèmes : il prend des semaines à écrire, et il fige des choix techniques que vous n’avez pas à faire seul.
Le brief d’une page décrit votre situation et le résultat attendu. Le choix des outils, de la structure des pages ou de la technique revient au prestataire, qui doit vous l’expliquer dans son devis. Si deux prestataires lisent la même page, leurs propositions deviennent comparables.
Les huit questions
1. Votre activité, en deux ou trois phrases. Ce que vous vendez ou proposez, à qui, et où. Écrivez comme si vous parliez à un client au comptoir, sans slogan.
2. Les clients que vous visez. Particuliers du secteur, touristes de passage, professionnels, adhérents, bénévoles. Notez aussi ce qu’ils cherchent en premier : un horaire, un tarif, un formulaire d’inscription.
3. Ce qui manque aujourd’hui. C’est souvent la question la plus utile. Le téléphone sonne pour demander les horaires, les demandes de devis arrivent par trois messageries, le planning des bénévoles tient dans un tableur que deux personnes modifient en même temps. Un problème concret vaut mieux qu’un souhait général comme « être plus visible ».
4. Ce que le site ou l’outil doit permettre. Décrivez des actions plutôt que des pages : demander un devis avec une date, consulter les horaires, réserver un créneau, s’inscrire à un événement, vendre en ligne. Deux conséquences à garder en tête. Un formulaire qui recueille des données personnelles impose d’informer les visiteurs sur leur usage au moment de la collecte. Une vente en ligne aux particuliers impose des conditions générales de vente sur le site. Le détail figure sur la page d’Entreprendre Service Public consacrée aux mentions obligatoires d’un site d’entrepreneur individuel (ou d’une société).
5. Les contenus disponibles. Textes existants, photos de vos produits ou de vos chantiers, logo, liste des prestations, documents à mettre en téléchargement. Indiquez aussi ce qui n’existe pas encore. Les contenus sont souvent le vrai délai d’un projet : sans photos ni description claire de l’offre, personne ne peut livrer un site qui ressemble à votre activité. Ajoutez les informations d’identification (nom, adresse, numéro SIREN, contact) qui serviront aux mentions légales.
6. Qui mettra le site à jour. Vous, un salarié, un bénévole, ou le prestataire sur demande. La réponse oriente le choix technique : un espace d’administration simple pour changer les horaires et les photos se prévoit dès le départ.
7. Les accès existants. Avez-vous déjà un nom de domaine, une adresse mail professionnelle, un hébergement, une page Facebook, une fiche Google ? Notez chez qui, et qui détient les identifiants. Pour le nom de domaine, vérifiez qu’il est bien enregistré à votre nom : l’Afnic rappelle que le titulaire détient les droits et les responsabilités associés au nom de domaine, et que le renouvellement se fait auprès du bureau d’enregistrement avant la date d’expiration (gérer son nom de domaine). Si le domaine est au nom d’un proche ou d’un ancien prestataire, réglez ce point avant de commencer.
8. L’échéance réelle. Une date liée à un événement de votre activité : ouverture d’une boutique, début de saison, salon, assemblée générale. « Le plus vite possible » n’aide personne à planifier. Indiquez aussi vos périodes d’indisponibilité, parce que vous devrez relire et valider des pages pendant le projet.
Le gabarit vierge
Recopiez ces huit lignes dans un document ou sur une feuille, et répondez en quelques phrases à chacune :
- Mon activité :
- Mes clients et ce qu’ils cherchent en premier :
- Ce qui manque aujourd’hui :
- Ce que le site ou l’outil doit permettre :
- Contenus disponibles, contenus à produire :
- Qui fera les mises à jour :
- Accès existants (domaine, mail, hébergement, réseaux) et qui détient les identifiants :
- Échéance et pourquoi cette date, périodes où je ne suis pas disponible :
Le budget ne figure pas dans la liste. Il se discute une fois le besoin compris, et la page aide justement à obtenir des devis comparables.
Exemple rempli : une fleuriste du Médoc
L’exemple suivant est inventé pour l’article. Il ne décrit pas un client réel.
- Activité : boutique de fleurs dans un bourg du Médoc, tenue par la gérante et une salariée à mi-temps. Bouquets du quotidien, compositions pour les mariages et les cérémonies.
- Clients : habitants du secteur, familles qui préparent une cérémonie, futurs mariés. Les habitants cherchent les horaires, les futurs mariés veulent voir des réalisations.
- Ce qui manque : seule une page Facebook existe. Les demandes pour les mariages arrivent en messages privés, sans date ni lieu, et il faut relancer chaque personne pour obtenir les détails.
- Ce que le site doit permettre : afficher horaires, adresse et téléphone ; montrer une galerie de compositions ; envoyer une demande pour un événement avec la date, le lieu et le type de cérémonie. Pas de vente en ligne pour l’instant.
- Contenus : environ deux ans de photos prises au téléphone, un logo. Aucun texte rédigé. La gérante peut écrire la présentation si on lui donne une trame.
- Mises à jour : la gérante, pour les horaires de fêtes et les fermetures exceptionnelles. Le reste, rarement.
- Accès : un nom de domaine réservé il y a quelques années par un neveu, à vérifier. Pas d’adresse mail sur ce domaine. Une fiche Google gérée par la gérante.
- Échéance : site en ligne avant les premières demandes de mariages du printemps. Indisponible pour relire entre mi-novembre et fin décembre.
Avec cette page, un développeur sait déjà qu’il faut un site court, un formulaire de demande d’événement, une galerie facile à alimenter et un accès d’administration limité. Il sait aussi qu’un point bloquant (le domaine) doit être réglé avant tout le reste.
Préparer en fin d’année, démarrer en janvier
Je déconseille à un commerce de lancer un site neuf avant Noël. Novembre et décembre sont chargés, et un projet demande du temps de votre côté : fournir les contenus, relire, valider. En revanche, la fin d’année convient bien pour écrire votre page, vérifier vos accès et consulter un ou deux prestataires. Le projet peut alors démarrer en janvier avec une base claire.
Pour choisir quelles pages mettre en ligne au départ, le billet Site vitrine pour un artisan : les pages utiles, et celles qu’on peut laisser complète ce brief. Le cadre d’une vitrine pour une TPE locale est décrit sur la page création de site internet dans le Médoc.
Envoyer votre page
Je développe des sites et des applications depuis le Médoc, du premier échange jusqu’à la mise en ligne, et vous n’avez qu’un interlocuteur. Si vous avez un projet de site ou d’outil, envoyez-moi votre page, même incomplète : la présentation de mon travail de développeur indépendant dans le Médoc vous indique comment me joindre. On complète ensemble ce qui manque, et le devis part de vos réponses.
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